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NGIF/DGIF

NGIF est un projet de STANAG destiné à définir l’infrastructure de données spatiales de l’OTAN. Sa version initiale reprend la version 5.0 de l’environnement américain GSIP (Geospatial Structure Implementation Profile) publié par la NGA pour la Défense américaine. À ce titre, il porte en priorité sur les aspects liés aux données, et non sur les aspects de service.
Les travaux techniques de modélisation et de définition des produits sont confiés au DGIWG, tandis que le JGSWG se charge des aspects managériaux. Pour ce faire, le DGIWG a créé l’infrastructure DGIF (DGIWG Geospatial Information Framework), dont il a la maîtrise et dont les éléments peuvent être repris par l’OTAN pour publication dans le STANAG NGIF.
NGIF contiendra les composants suivants, dont la plupart sont calqués sur ceux de la version 5.0 de GSIP :

• Le NGIM (NATO Geospatial Information Model) est le modèle de données vecteur de l’information géographique dans NGIF. Il équivaut à un schéma d’application, mais sa spécificité est de contenir toute l’information sémantique présente dans les composants en aval, notamment le catalogue d’entités NGEC. Son équivalent GSIP est le NAS (NSG Application Profile), et son équivalent DGIWG, le DGIM.

• Le NGFCD (NATO Geospatial Feature Concept Dictionary) est le dictionnaire de référence pour tous les concepts utilisés dans NGIM, basé sur ISO 19126. Son équivalent GSIP est le NFDD (NSG Feature Data Dictionary) et son équivalent DGIWG, le DGFCD. La convergence entre le DGFCD/NGFCD et le DFDD constitue un enjeu sémantique important pour les années à venir.

• Le NGRWI (NATO Real World Object Index) est un index permettant l’identification de phénomènes du monde réel dans NGIF comme combinaisons de concepts sémantiques (objets, attributs et valeurs). Il n’a pas d’équivalent dans GSIP, c’est un ajout calqué sur l’infrastructure allemande GeoInfoHOK. Son équivalent DGIWG est le DGRWI.

• Le NGEC (NATO Geospatial Entity Catalogue) est une vue du NGIM et des NGIMP sous forme de catalogue d’entités (basée sur ISO 19110) visant à rendre le modèle plus accessible. Son équivalent GSIP est le NEC (NSG Entity Catalogue), et son équivalent DGIWG, le DGEC.

Cette architecture permettra la définition de spécifications de contenu, qui contiendront les informations des composants ci-dessus.

• Les NGDCS (NATO Geospatial Data Content Specification) sont les spécifications de contenu. Elles résultent de la concaténation du catalogue d’entités d’un profil du NGIM avec des critères d’inclusion, afin de fournir un extrait du NGIM exploitable pour la saisie, la gestion et la production de données. Leur équivalent GSIP est le NSG Data Content Specification.

• Les NGDPS (NATO Geospatial Data Product Specification) sont les spécifications de produit. Elles fournissent toutes les informations nécessaires pour dériver un produit normalisé à partir de NGIF. Les critères d’inclusion des produits NGIF y seront également listés, ce qui signifie qu’elles joueront le rôle de guide d’extraction. Leurs équivalents GSIP sont les NSGDPS (NSG Data Product Specification).

Cette initiative avait été identifiée dès les réunions DGIWG TP d’avril 2011 comme cruciale pour les prochaines années au niveau de l’OTAN (JGSWG), impliquant le DGIWG pour un certain nombre de réalisations techniques.

NGIF 1.0 a été publié fin 2013. Cette version n’est pas encore implémentable.

En parallèle, les premiers travaux de spécification de produit (cartes 1/50K, données 3D urbaines…) sont initiés.

FACC

Le FACC est un dictionnaire de concepts de l’information géographique, associés à une codification. Il constitue la partie 4 du standard DIGEST du DGIWG. Sa dénomination prête à confusion, car le FACC est un dictionnaire et non un catalogue : il décrit un ensemble d’objets et un ensemble d’attributs sans les associer entre eux.

Ce standard est toujours utilisé dans certains systèmes et spécifications réglementaires (notamment VMAP pour la production française), mais il n’est plus maintenu par le DGIWG.

Initialement fourni sous forme papier, ce standard était maintenu dans une base Access. Une solution de management sous forme de registre en ligne vient d’être finalisée. Le dictionnaire DFDD est le standard successeur officiel du FACC.

Données vectorielles et modèles sémantiques

Référentiel sémantique du DGIWG

Les travaux du DGIWG dans le domaine de la sémantique portent principalement sur la maintenance du modèle DGIM (Defence Geospatial Information Model), qui établit une référence sémantique pour assurer l’interopérabilité entre les systèmes des nations membres du DGIWG et des organisations partenaires. Il est repris par l’OTAN en tant que STANAG NGIF. Le contenu sémantique initial dérive de l’infrastructure de données de la NGA, le NAS (National Application Schema).

La précédente référence sémantique, le DFDD (DGIWG Feature and Attribute Data Dictionary), a été maintenue jusqu’en 2013 (dernière version publiée : baseline 2013-1.0).  Celui-ci avait remplacé en 2003 le FACC (Feature and Attribute Coding Catalog), initialement publié par le DGIWG en tant que partie 4 du standard DIGEST. Le FACC n’est plus maintenu depuis 2000. Il est cependant utilisé dans de certains systèmes, notamment les spécifications VMap, utilisées en production par la Défense française. Initialement fourni sous forme papier, il était maintenu dans une base Access dans sa dernière version (FACC 2.1).

La transposition du FACC vers le registre DFDD s’est effectuée conformément aux normes ISO 19110 et ISO 19135. Ce travail a donné lieu à la proposition de norme ISO 19126 qui a été publiée en 2009.

La convergence entre le DFDD et le DGFCD pour obtenir un unique référentiel sémantique est un besoin reconnu par les alliés. Des travaux en ce sens sont en cours au DGIWG. La France veille à ce que les concepts qui lui sont utiles, en particulier les concepts utilisés par MGCP, ne soient pas exclus du référentiel sémantique interalliés. Un travail de mapping entre DGIM et les catalogues d’entités MGCP a été effectué. Les éléments MGCP non couverts par la première version de DGIM seront intégrés dans la deuxième.

Interactions ISO

Le projet de norme 19126 de l’ISO/TC 211 avait initialement pour objet la publication du FACC DGIWG en tant que registre (conforme à la norme ISO 19135) de codes d’objets et d’attributs structurés conformément à la norme ISO 19110. Le titre du projet ISO 19126 et son domaine d’application, initialement restrictifs au DGIWG, avaient été modifiés de sorte que, d’une part, le projet de norme puisse s’ouvrir à d’autres communautés que le DGIWG, et d’autre part, qu’elle couvre également les catalogues d’objets géographiques (feature catalog). Ce projet de norme était symptomatique de l’implication du DGIWG vis-à-vis de l’ISO/TC 211, mais aussi des divergences existant sur les mécanismes de mise en œuvre des normes ISO/TC 211. Le manque de maturité du projet de norme ISO 19135 relative aux registres et le fait qu’une partie importante de l’ISO/TC 211 remettait en cause l’intérêt de la future norme ISO 19135 sont deux facteurs qui ont posé un problème bloquant vis-à-vis du projet de norme ISO 19126. Ce projet de norme a mis longtemps à aboutir mais le document a finalement été publié en 2009. En parallèle les travaux relatifs aux aspects de catalogues d’objets (feature catalog) ont été publiés dans le document ISO 19110, qui a depuis fait l’objet d’un amendement.

Les travaux de l’OGC

L’activité du groupe de travail Geosemantics, co-dirigée par Joshua Lieberman (Traverse Technologie – US) et Simon Cox (CSIRO) est fortement influencée par le domaine de la géologie. Cependant, les travaux de ce groupe de travail ne sont pas dénués d’intérêt pour la thématique des données vectorielles et modèles sémantiques, la mission de ce groupe de travail de l’OGC étant en effet d’établir un cadre sémantique opérationnel et interopérable pour permettre à la fois de représenter les domaines de connaissance géospatiale des différentes communautés et leur permettre de communiquer entre elles. Cette mission peut se traduire à travers 3 objectifs principaux :

  • se mettre d’accord sur les termes de référence pour la modélisation conceptuelle et la sémantique des spécifications OGC des domaines de connaissance de la géographie,
  • développer, spécifier et/ou adopter des outils et des techniques pour la représentation et l’échange de connaissances des communautés en géosciences,
  • cultiver des relations et des collaborations productives entre les communautés orientées « Geospatial Web » et celles orientées « Semantic Web. »