DGIF

Pourquoi DGIF ?

Introduction

Cette page décrit les travaux sur l’infrastructure de données DGIF (Defence Geospatial Information Framework), la référence sémantique interalliés publiée par le DGIWG. Le STANAG NGIF reprend son contenu, c’est donc également la référence officielle de l’OTAN pour les données géographiques vecteur.

Contexte normatif

Dans le cadre du projet de STANAG NGIF, le DGIWG met actuellement en place le modèle DGIM (Defence Geospatial Information Model), équivalent DGIWG du NGIM (NATO Geospatial Information Model), dont le contenu dérive du modèle américain NAS (National Application Schema, version 5) et du dictionnaire NFDD (National Feature Data Dictionary v5). L’infrastructure DGIF/NGIF remplace de facto le DFDD en tant que référence sémantique interalliés. L’objectif à moyen et long terme est que le DGIWG propose un cadre de standards, cohérent entre eux, pour la communauté Défense.

Une deuxième version de DGIF a été publiée fin 2017. La nouvelle édition du STANAG NGIF à l’OTAN, publiée début 2018, reprend le contenu de cette version.

Intérêt pour la France

Au niveau international

       contribuer à l’entretien de l’infrastructure DGIF et de faire inscrire ses besoins de complément, tout en maintenant la compatibilité avec les références antérieures mises en œuvre en production par la France (notamment la sémantique issue du DFDD, mise en œuvre dans les catalogues TRD MGCP),

       limiter la présence de concepts concurrents ou dont l’excès de spécialisation poserait des difficultés de mise en œuvre,

       avoir une maîtrise correcte des concepts présents et des modifications proposées par les autres nations, en connaissant leurs motivations.

Au niveau national

       faciliter l’utilisation de l’infrastructure DGIF,

       faciliter l’usage des données existantes, malgré l’usage de modèles de génération différentes et de dictionnaires de version différentes, tout en minimisant les pertes sémantiques.

       L’analyse des aspects sémantiques concerne les programmes et opérations de production de données, comme Géomaps, les besoins du programme KHEPER, les besoins du programme GEODE 4D pour les produits de la gamme TDS, MGCP+, qui permet de dériver VMap2i, et VMap1 en Shapefile, et la Directive DGSIC n°9.

Au DGIWG

L’équipe VMST (Vector Model and Schema Team) chargée de la modélisation de DGIF, est pilotée par le Canada. Elle met en place le dictionnaire de données, le catalogue d’entités, le modèle de données, l’index des objets du monde réel, les spécifications de produits, ainsi que les procédures de gestion de ces éléments. La différence fondamentale entre la gestion du modèle DGIF et la gestion du registre FAD est que le premier contient des liens entre concepts alors que le DFDD et ses extensions se limitaient à définir les concepts objets ou attributs séparément. La VMST aura donc une influence plus profonde sur le contenu sémantique que FAD MT n’en avait. Les travaux VMST sont pris en charge par les mêmes experts que les travaux FAD d’entretien du DFDD.

Qu’est-ce que DGIF ?

Contenu de DGIF

La VMST a mis en place et maintient un modèle de données (DGIM), qui constitue le coeur de l’infrastructure et donc la base de l’interopérabilité, ainsi que des artefacts qui en découlent (dictionnaire nommé DGFCD, index nommé DGRWI, profils spécialisés), des tables de mapping, et les mécanismes de gestion pour une maintenance collaborative inter-alliés (outils pour automatiser la maintenance et les exports, documentation, procédures). La VMST assure également un support aux experts chargés des spécifications de produits et aux experts d’autres domaines (hydro, aéro, géographie humaine) qui analysent les écarts entre DGIF et leurs propres références sémantiques.

Produits DGIF

  • La spécification du produit Defence Topographic Map 50K (AGeoP-11.2. Data Product Specification for a  Defence Topographic Map (DTM), 1:50,000) définira à terme un produit papier et numérique pour d’échange de données vecteur de niveau 2.
  • Les spécifications urbaines Defence City Map (AGeoP-11.3. Product Specification for Urban Maps, >1:25,000) et son volet pour l’échange numérique (AGeoP-11.4. Specification for  Urban Map (> 1:25,000) data) définiront à terme un produit papier et numérique, qui permettra l’échange de données vecteur urbaines. Ce seront les premières spécifications couvrant l’échange de données et cartes urbaines entre les nations alliées. La France étant la première nation à avoir mis en place une production vecteur urbaine, la spécification DGIWG sera fortement inspirée de la production nationale Géomaps.
  • La spécification DGIWG JOG-A (AGeoP-11.5. Data Product Specification  for the Joint Operations Graphic  Air (JOG-A), 1:250,000) et son volet pour l’échange numérique (AGeoP-11.6. Specification for JOG-A (1:250,000) data) définiront à terme un produit papier et numérique, qui permettra l’échange de données de niveau 1. C’est le niveau d’échelle retenu pour les opérations conjointes entre armées, en particulier avec l’aviation. La première s’inspirera a priori de la spécification JOG publiée par les Etats-Unis, la seconde remplacera le STANAG 7173.

Profils de DGIF

Le modèle DGIF a une structure complexe, car il contient de nombreuses relations. Ces relations sont en particulier des généralisations, associations entre feature types et types, associations entre feature types, définitions, représentations et relations portant la traçabilité des concepts. DGIF est en cela similaire au NAS états-unien, et diffère des références inter-alliés précédentes : absence de relations dans le DFDD, uniquement des relations simples objets – attributs dans les catalogues TRD MGCP.

Pour un produit ou cas d’utilisation donné, la VMST ou les équipes produit mettent en place des profils spécifiques, en identifiant par des valeurs taguées chaque concept (type d’objet, type, attribut ou valeur énumérée) qui y est nécessaire. Ainsi, les profils DTOX, 50K, MUVD ont été créés par la VMST. Des profils spécifiques à un domaine (géographie humaine, hydro, aéro) pourraient être envisagés. Des profils nationaux ont été initiés (au moins par le Danemark, la France et le Canada), d’autres nations suivront. Il est probable que ce type de profil se généralise, mais soit maintenu au niveau national, et non intégré par le DGIWG à DGIF. L’objectif de la France est bien entendu d’assurer que ses productions topographiques soient couvertes par DGIF et par les profils topographiques du DGIWG (nommés DTOX, MGCP Urban, 50K, 250K).

Outre un éventuel document formel de spécification, un profil permet l’export d’un catalogue d’entités HTML et d’un schéma d’application XSD qui en définit l’encodage au format GML. Ces exports sont réalisés depuis Enterprise Architect par le logiciel open-source ShapeChange. Cet outil a été adapté à DGIF, le développement spécifique a été financé par la défense allemande (BGIC), et mis à jour depuis 2016 par le Danemark. On notera que les éditeurs de ShapeChange, indépendamment du DGIWG, ont bénéficié d’un financement de la défense états-unienne (NGA) pour leur application au NAS.